La pompe à chaleur air-eau remplace le plus souvent une chaudière au fioul ou au gaz : elle chauffe l'eau de vos radiateurs ou de votre plancher chauffant, et souvent votre eau chaude. C'est un investissement de plusieurs milliers d'euros, pour 15 à 20 ans. Voici ce que le devis doit contenir pour que vous puissiez le juger. Pour une vue d'ensemble des types de PAC, voir notre guide des devis de pompe à chaleur.
1. Le dimensionnement : la question qui décide de tout
La puissance d'une PAC air-eau ne se choisit pas « à la surface ». Elle se calcule à partir des déperditions du logement (isolation, menuiseries, volume) à la température extérieure de base de votre région, celle des jours les plus froids. Le devis doit s'appuyer sur ce calcul, remis par écrit.
- Sous-dimensionnée, la PAC ne suffit pas par grand froid : la résistance électrique d'appoint prend le relais, et la facture grimpe.
- Surdimensionnée, elle démarre et s'arrête sans cesse : usure prématurée, rendement dégradé, et vous avez payé une machine trop grosse.
Si vous prévoyez d'isoler dans les prochaines années, dites-le : la PAC doit être dimensionnée pour le logement après travaux, sinon elle sera surdimensionnée ensuite.
2. La température de départ et vos radiateurs
Une PAC air-eau est d'autant plus performante que l'eau qu'elle produit est tiède. Le devis doit indiquer la température de départ retenue (par exemple 35 °C pour un plancher chauffant, 45 à 55 °C pour des radiateurs) et dire si vos émetteurs actuels conviennent. Si des radiateurs doivent être remplacés, ils doivent figurer au devis, pas apparaître après la mise en service.
3. Le matériel : marque, modèle et performance saisonnière
- Marque et référence exacte de l'unité extérieure et de l'unité intérieure (ou du module hydraulique).
- Puissance en kW, en cohérence avec le calcul de dimensionnement.
- Performance saisonnière (SCOP ou efficacité énergétique saisonnière) à la température de départ retenue, et pas seulement le COP mesuré en laboratoire à +7 °C.
- Type de fluide frigorigène : l'installateur qui le manipule doit détenir une attestation de capacité.
4. L'eau chaude sanitaire
La PAC produit-elle aussi votre eau chaude ? Le devis doit préciser la solution retenue : ballon intégré au module intérieur, ballon séparé, ou maintien de votre chauffe-eau actuel, avec le volume du ballon adapté au nombre d'occupants.
5. L'installation, poste par poste
- Emplacement de l'unité extérieure : support, distance aux voisins (le bruit est une source fréquente de litiges), évacuation des condensats.
- Liaisons frigorifiques ou hydrauliques entre les unités, avec les longueurs.
- Raccordement au circuit de chauffage : ballon tampon si nécessaire, vannes, désembouage du réseau existant.
- Électricité : ligne dédiée, protection, éventuelle augmentation de l'abonnement.
- Dépose et évacuation de l'ancienne chaudière et, pour le fioul, neutralisation de la cuve.
- Mise en service, réglage de la régulation et remise des notices.
6. Les aides : ce qui est vrai depuis le 1er septembre 2026
La PAC air-eau fait partie des rares équipements de chauffage encore finançables par MaPrimeRénov' en geste seul, selon les revenus. S'y ajoutent les CEE (montant variable selon le fournisseur, sans plancher garanti), l'éco-PTZ et la TVA à 5,5 %. Conditions : un installateur RGE et un équipement respectant les critères de performance. Les barèmes changent souvent : ne vous fiez pas à un montant promis oralement, vérifiez votre cas sur le simulateur officiel Mes Aides Réno.
Un devis sérieux affiche le prix total, puis les aides estimées, puis le reste à charge, sans les mélanger. Méfiez-vous d'un devis qui ne montre qu'un « reste à charge » : si une aide est refusée, c'est vous qui payez la différence.
7. Garanties et entretien
- Garantie constructeur (pièces, compresseur) et garantie décennale de l'installateur, avec attestation.
- Entretien obligatoire au moins tous les deux ans pour une PAC de 4 à 70 kW (décret n° 2020-912). Demandez le prix d'un contrat d'entretien.
Les signaux d'alerte
- Aucun calcul de dimensionnement, ou une puissance « au m² ».
- Un devis signé le jour d'une visite non sollicitée, avec un paiement demandé tout de suite : c'est interdit pendant 7 jours hors établissement.
- Des aides présentées comme acquises, ou une PAC « à 1 € ».
- Pas de marque ni de référence, ou un « équivalent » non précisé.